23.10.2008

10 ans : que la fête commence !

Ce que nous demandons au cinéma, c'est ce que l'amour et la vie nous refusent, c'est le mystère, c'est le miracle

Robert Desnos

10 ans, forcément, le chiffre rond appelle quelques réflexions bien senties, retour sur le chemin parcouru, bilan sur une manifestation vouée au cinéma de notre région, évaluation (c’est à la mode) d’une action en direction de créateurs émergents auxquels, depuis 10 années, les Rencontres offrent une occasion de montrer leurs films. On pourra se pencher sur l’importance prise par la vidéo et à l’expérimental, l’intérêt manifesté aux nouvelles images, la récente passion pour le super 8. On notera aussi les ouvertures en direction du spectacle vivant, de la danse, de la musique. C’est une manifestation curieuse et ouverte.

Forcément, il me revient en mémoire la réplique de John Ford aux questions cinéphiles de Peter Bogdanovich : « Je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler ». Une façon de botter en touche la réflexion pour ne laisser place qu’à l’action. Place à 10 manifestations, avec leurs hauts et leurs bas. Plus de hauts que de bas car ce sont eux qui font que 10 ans après, les Rencontres sont toujours là et que, en ce que me concerne, j’ai toujours autant de plaisir à les préparer et autant de fébrilité à moins de 10 jours de l’ouverture.

Finalement les Rencontres, c’est assez simple. C’est une manifestation pour les auteurs, bien souvent faite par eux. Elles ou ils viennent avec leur film et la plupart du temps, nous voyons comment nous pouvons le caser. Pas de compétition, il s’agit juste de créer les conditions d’un premier contact avec le public. Le côté festif, les apéros, les débats décontractés, tout cela participe de l’ambiance que nous cherchons, plus ou moins consciemment, à donner.

Curieusement, de ce point de vue, les Rencontres n’ont pas tellement évolué depuis 1999. Les budgets restent modestes, le travail collégial, les choix arbitraires et assumés. La programmation, elle, est en constant mouvement. Si le repérage de nouveaux talents reste la colonne vertébrale, la place pour des expériences de cinéma hors des sentiers battus et hors du contexte régional est de plus en plus importante. En témoigne cette année la présence de Jérémie Lenoir ou de Gérald et de son étonnant long métrage.

L’axe de la production associative constitue désormais le moment fort de la manifestation. Samedi soir, ce sera la fête au super 8, avec 14 des 20 projets que Regard Indépendant à initiés pour la collection Insomnie. Nous sommes très heureux que l’Atelier du Film Court de Caen nous ait suivi dans cette aventure que nous entendons bien renouveler et amplifier.

Symboliquement, nous pourrons vous présenter en clôture le court métrage d’Aurélia Barbet, réalisé en 2004 dans le cadre de notre toute première série en super 8, et qui revient, gonflé en 35 mm pour faire la première partie du film de Paul Vecchiali que je remercie chaleureusement de revenir participer à notre anniversaire.

Je suis toujours amusé de voir comment la programmation se met en place sur des petits coups de hasard. Après Aurélia, Cédric Romain me contacte il y a peu pour me proposer un montage de Elle. Frédéric Nakache me prévient qu’il fait partie de la programmation d’Imagespassages. Et je découvre que Loïc Connanski y est aussi. Alors que nous avions renoncé à une sorte de réunion d’anciens combattants, ils seront (presque) tous là.

Ces 10e Rencontres seront donc placées sous le signe de l’amitié. Et je terminerais avec une expérience qui m’excite au plus haut point. Celle de la table ronde qui réunira samedi 25 à 16h00, non seulement deux amis cinéphiles niçois, Philippe Serve et Daniel Fimbel, mais aussi trois amis avec lesquels je discute cinéma passionnément depuis plusieurs années, à travers nos blogs. Cela fait un moment que j’avais envie de cette rencontre « en vrai », pour échanger sur nos pratiques cinéphiles, nos envies de voir des films, d’en parler et de les partager. Une envie qui nous tient à Regard Indépendant et qui a donné 10 Rencontres.

Vincent JOURDAN, président

Regard Indépendant

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