29.09.2008
Ciné-blogueur : 365 jours ouvrables
Aujourd'hui, je vous propose de découvrir le blog 365 jours ouvrables dont le titre est aussi celui d'une chanson du groupe Diabologum. Créé et animé par Joachim Lepastier, c'est un blog de passerelles entre cinéma et architecture, graphisme, musique et photographie. Joachim fera partie des invités à la table ronde autour des nouvelles pratiques cinéphiles le samedi 25 octobre à 16h00, au théâtre Trimages.
Pouvez-vous présenter votre blog (son contenu, son objectif, son esprit) ?
Blog essentiellement axé sur le cinéma mais pas uniquement puisque "le cinéma, c'est ce qui rend la vie plus intéressante que le cinéma". Donc envie de décloisonner la façon de parler des films en les confrontant à d'autres oeuvres, d'autres disciplines (architecture, urbanisme, danse, poésie, football), d'autres expériences ou des souvenirs personnels.
Comment en êtes-vous venu à tenir un blog ?
En fait, je ne sais pas très bien. A la fois, le désir de "régulariser" une écriture, que ça ne reste pas sur des carnets ou des feuilles volantes. Mais aussi, l'envie de tenter l'expérience de la "bouteille à la mer", de jeter des billets qui finiront bien par rencontrer des lecteurs. Envie de parler d'oeuvres et d'expériences plus "secrètes" que celles que l'on lit dans les magazines et les revues et penser que ça intéressera bien quelqu'un quelque part. En fait, à force de lire les blogs, je me suis convaincu qu'ils étaient autant de "petites revues subjectives" et que pourquoi pas avoir la sienne?
Avez vous l'expérience d'un (ou plusieurs) autre media ?
Trois ou quatre chroniques radio sur Radio Libertaire mais sinon, c'est tout. Sinon, beaucoup d'envies de fonder une revue dans mes années étudiantes (92-98) mais découragé par la lourdeur des démarches. Le blog, c'est à la fois plus léger et ça a sans doute plus de lecteurs qu'une obscure revue papier.
Qu'est-ce qui vous séduit le plus dans les blogs ? Et le moins ?
Le plus: une constellation de "magazines subjectifs", les échanges"ping pong", les confrontations. Le moins: pas beaucoup de points négatifs. Pour moi, l'anonymat n'est pas un problème puisque j'ai l'impression que même si beaucoup de blogueurs choisissent des pseudos, l'endroit "d'où ils parlent" finit par être clair.
Vous suivez l'inspiration du moment ou vous travaillez vos sujets à l'avance ?
Plutôt l'inspiration du moment, mais évidemment des sujets "que l'on voit venir" (en gros, les gros films dont tout le monde va parler ou les festivals) donc on y pense un peu plus à l'avance.
Vous imposez vous des règles dans l'animation de votre blog et son contenu ?
Les règles sont plutôt dans la mise en forme: billets pas trop longs, équilibrer texte et images, penser à ce qu'elles se "répondent" bien. En fait, du point de vue graphique, chaque billet est un peu pensé comme un petit film avec ses règles de montage, de découpage, d'ambiance.
Combien de temps passez-vous sur les notes ?
2 à 3 notes par semaine. Quand les billets sont écrits d'une traite, en gros une demi-heure. Jamais plus de deux heures. Je passe parfois beaucoup plus de temps sur la recherche d'images ou d'extraits.
Uccellacci e uccellini (Pier Paolo Pasolini - 1966) Source Wikipedia
Le cinéma : Avez vous le sentiment de développer un discours critique propre ? Et comment vous situez vous par rapport à la critique traditionnelle ?
Ce que j'écris sur le cinéma est très intuitif, mais peut-être qu'à force un discours émerge. Je me sens bien davantage dans "l'évocation" que dans la critique au sens traditionnel du terme. Je peux même parler de films que je n'aime que moyennement mais qui m'intéressent sur un seul point particulier que je choisis de mettre en avant. Par rapport à la critique traditionnelle, je pense que les blogueurs ont le luxe de ne pas être esclave du temps, de l'actualité, des "enjeux critiques" à la mode et laissent transparaître un rapport au cinéma plus vagabond et plus poétique que les critiques professionnels.
Les lecteurs : quels contacts développez vous avec eux ? Vous influencent-ils dans vos notes ? Êtes-vous sensibles aux remarques des commentaires ? Modérez-vous les commentaires ? Si oui, dans quels cas ? Comment gérez vous les échanges à l'intérieur des commentaires.
Les échanges les plus personnels avec les lecteurs se font plutôt par mail que via les commentaires. On est vite addict aux commentaires et on trouve qu'on n'en a jamais assez et surtout qu'il n'y a pas quantité d'échanges. Pour l'instant, pas la peine d'activer pas la modération des commentaires.
Passez-vous du temps à lire les blogs des autres ? Faites-vous beaucoup de commentaires, de liens ?
Beaucoup de temps de lecture. Je laisse des commentaires mais moins qu'il n'en faudrait (c'est parfois plus intimidant de répondre à quelqu'un que d'écrire pour son propre blog). Internet étant l'art du lien, je m'amuse de plus en plus en espérant, de clic en clic, faire partager d'heureuses découvertes à mes lecteurs.
Quel est votre meilleur souvenir de blogueur ?
Des mails encourageants reçus par des réalisateurs heureux d'avoir lus l'évocation de leurs films.
Comment aimeriez vous faire évoluer votre blog ?
Ce sera le blog qui me fera évoluer.
Quelques blogs que vous recommandez ?
Un paquet, mais outre mes confrères invités pour la qualité de leurs critiques et notre hôte de la table ronde, disons pour le cinéma : Cinématique, Far from Manhattan, Pouvoir corruption et mensonges, Eight dayz a week, r-s-c (ex-Château Rouge). Pour l'architecture: Architectures de cartes postales et Life without buildings. Beaucoup de blogs photos aussi (on découvre toujours des regards). Enfin, pour les humeurs et le style : Zvezdoliki, Chateau de sable, Ruines circulaires. Et puis pour doter à internet le regard universitaire qui lui manquait : Actualité de la recherche en histoire visuelle (http://www.arhv.lhivic.org/index.php/), un beau chantier de réflexion sur le Net, la télé, la fabrique de l'information et autres sujets qui constituent le quotidien des internautes, même si à l'instar de Monsieur Jourdain, ils se les coltinent sans le savoir.

Bande à part (Jean Luc Godard – 1964) Source Lada et Georges
09:42 Publié dans Table ronde cinéphile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : table ronde, blog















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